Mise en place d’un dispositif expérimental pour évaluer la valeur agronomique du compost

Le projet AGID a initié en Janvier 2017 trois pilotes de compostage dans chacune des wilayas de Mostaganem, Mascara et Sidi Bel Abbès. Ces pilotes de démonstrations, à raison de deux tonnes de déchets organiques traités par jour, ont pour but de former les ouvriers aux pratiques de compostage et de préparer les EPIC à passer à une production industrielle à plus grande échelle.

Parallèlement, il est important de connaître la qualité du compost obtenu, afin de savoir s’il y a des corrections à apporter dans le processus de production, et si le produit répond aux normes qualitatives lui permettant d’être commercialisé.

A cet effet, des premiers  tests au laboratoire a été effectué sur des échantillons de compost mûr. Les analyses physico-chimiques réalisées ont donné des résultats acceptables concernant les teneurs des principaux éléments fertilisants et montré que les teneurs en métaux lourds sont bien en deçà des normes. Le tableau ci-dessous synthétise les résultats d’analyse des composts issus des pilotes de compostage (Janvier/Aout 2017) des trois Wilaya d’intervention du projet AGID.

Résultats analyses compost
Par ailleurs, afin de prouver la fiabilité du produit dans les conditions réelles du terrain,  des essais agronomiques sont réalisés au niveau des fermes expérimentales des universités de Mostaganem et de Mascara. Cette double approche, dans des lieux et des parcelles différentes, va permettre d’obtenir des résultats statistiquement représentatifs et scientifiquement fiables sur une culture de pomme de terre.

Le dispositif choisi pour la mise en place de ces essais est le bloc aléatoire à trois répétitions. Il consiste à incorporer sur des micro-parcelles de 15 m2, différentes doses des intrants : compost, fumier et fertilisation chimique conventionnelle (NPK), comme le montre la figure ci-dessous.

dispositif expérimental PDT

Différents paramètres de culture, comme la croissance et le rendement, sont étudiés afin de déterminer l’effet de chaque intrant et de chaque dose sur la culture. Après analyse statistique des résultats, on pourra déduire l’effet du compost comparativement à ses concurrents directs. Ceci permettra notamment de communiquer auprès des professionnels agricoles et de contribuer à déterminer un prix de vente du compost.

Grâce à la collaboration des universités, le dispositif a été mis en place et l’implantation de la culture a été effectuée : il ne reste qu’à attendre que ça pousse pour mesurer les résultats.

Rédigé par Farah Adjaoud : Ingénieur d’Etat AND, antenne d’Oran