Compostage: Initiation des associations au compostage collectif

L’AGID a organisé une formation pratique au profit des associations des trois wilayas pilotes du projet afin de les initier au compostage collectif ; le principale but étant l’acquisition par les associations des connaissances de bases et des bonnes pratiques liées au compostage de quartier afin de pouvoir à leur tour l’introduire au niveau des ménages et en favoriser ainsi la généralisation.

En effet, face à l’abondance croissante des déchets organiques (plus de la moitié de la constitution de nos déchets) et la surexploitation des casiers au niveau des centres techniques d’enfouissement, la valorisation de cette fraction est plus que nécessaire et le compostage collectif en constitue une bonne alternative. Réalisé in situ, il permet à la fois de valoriser les déchets et d’en éviter le transport et l’enfouissement.  Il est également une façon d’encourager le tri sélectif  auprès des ménages qui se plaignent le plus souvent de faire des efforts en vain.

Ainsi, dans cette optique, la formation animée par les experts EVA ROBIN et PIERRIC RAULIN, a permis aux associations de savoir comment gérer  un bon compost de quartier, les déchets à y mettre et à éviter ainsi que le matériel et les outils nécessaires pour son entretien. Les bacs en palettes recyclées construits pour l’occasion ont été l’amorce vers le développement de cette approche et les associations, très enthousiastes quant à cette initiative, ont exprimé leur volonté à en dupliquer le processus dans les quartiers de la ville avec bien sûr l’accompagnement et l’appui du projet.

 

 

20180124 Affiche consignes de tri compostage

Affiche pour les consignes de tri

Mise en place d’un dispositif expérimental pour évaluer la valeur agronomique du compost

Le projet AGID a initié en Janvier 2017 trois pilotes de compostage dans chacune des wilayas de Mostaganem, Mascara et Sidi Bel Abbès. Ces pilotes de démonstrations, à raison de deux tonnes de déchets organiques traités par jour, ont pour but de former les ouvriers aux pratiques de compostage et de préparer les EPIC à passer à une production industrielle à plus grande échelle.

Parallèlement, il est important de connaître la qualité du compost obtenu, afin de savoir s’il y a des corrections à apporter dans le processus de production, et si le produit répond aux normes qualitatives lui permettant d’être commercialisé.

A cet effet, des premiers  tests au laboratoire a été effectué sur des échantillons de compost mûr. Les analyses physico-chimiques réalisées ont donné des résultats acceptables concernant les teneurs des principaux éléments fertilisants et montré que les teneurs en métaux lourds sont bien en deçà des normes. Le tableau ci-dessous synthétise les résultats d’analyse des composts issus des pilotes de compostage (Janvier/Aout 2017) des trois Wilaya d’intervention du projet AGID.

Résultats analyses compost
Par ailleurs, afin de prouver la fiabilité du produit dans les conditions réelles du terrain,  des essais agronomiques sont réalisés au niveau des fermes expérimentales des universités de Mostaganem et de Mascara. Cette double approche, dans des lieux et des parcelles différentes, va permettre d’obtenir des résultats statistiquement représentatifs et scientifiquement fiables sur une culture de pomme de terre.

Le dispositif choisi pour la mise en place de ces essais est le bloc aléatoire à trois répétitions. Il consiste à incorporer sur des micro-parcelles de 15 m2, différentes doses des intrants : compost, fumier et fertilisation chimique conventionnelle (NPK), comme le montre la figure ci-dessous.

dispositif expérimental PDT

Différents paramètres de culture, comme la croissance et le rendement, sont étudiés afin de déterminer l’effet de chaque intrant et de chaque dose sur la culture. Après analyse statistique des résultats, on pourra déduire l’effet du compost comparativement à ses concurrents directs. Ceci permettra notamment de communiquer auprès des professionnels agricoles et de contribuer à déterminer un prix de vente du compost.

Grâce à la collaboration des universités, le dispositif a été mis en place et l’implantation de la culture a été effectuée : il ne reste qu’à attendre que ça pousse pour mesurer les résultats.

Rédigé par Farah Adjaoud : Ingénieur d’Etat AND, antenne d’Oran